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Les invités du Village

12 octobre 2015Klaus Jöken

Traducteur des albums d'Astérix en allemand, Klaus Jöken est un passionné de tout ce qui touche aux Irréductibles Gaulois. A quelques jours de la sortie de Der Papyrus des Cäsar, il nous raconte en exclusivité comment il a travaillé ces derniers mois à la traduction du nouvel album.

Promoplus et Doublepolémix sont 2 petits nouveaux dans la grande famille des personnages d'Astérix. Comment se nomment-ils en allemand ? Que signifient leurs noms ?
Promoplus est un conseiller de César et, dans cette aventure, il est le grand méchant. Dans la version allemande il s'appelle Syndicus, une allusion directe à sa profession, parce qu'un « Syndikus » est un conseiller juridique et financier. Souvent, ces personnes n'ont pas une très bonne réputation… En plus, quand on le prononce, ce mot sonne phonétiquement comme « Sünde », ce qui signifie « le pêché » en allemand.
Un autre personnage important s'appelle Doublepolémix. Il est possible de traduire ce nom par "Doppelpolemix", mais ce mot est difficile à prononcer pour les Allemands, et en plus il sonne bizarrement aux oreilles germaniques. Je me suis donc contenté d'un simple Polemix, mais je suis sûr que même ainsi il va causer assez de polémiques !

 

Les caricatures de personnages connus sont nombreuses dans les albums d'Astérix: comment faites-vous quand ces personnalités ne sont pas connues de lecteurs germanophones ? Dans Le Papyrus de César, par exemple, le personnage de Promoplus est en partie inspiré du publicitaire français Jacques Séguéla. Avez-vous pensé à une célébrité allemande pour trouver le nom du personnage?
Naturellement, c'est beaucoup plus simple, quand un personnage mondialement célèbre est caricaturé, mais ce n'est malheureusement pas toujours le cas. Par exemple, dans Astérix chez les Pictes, le chanteur Johnny Hallyday est parodié. En France, c'est une immense star, mais en Allemagne il est totalement inconnu. Heureusement, je pouvais le "remplacer" par une star du rock allemand : Peter Maffay, qui présente une vraie ressemblance physique avec son collègue français. En plus, il suffisait de glisser un "c" au milieu du nom pour faire du "Maffay" un convaincant "Mac Fay" écossais. Malheureusement, je n'ai pas trouvé de personnage allemand qui correspondrait à Jacques Séguéla. Mais peut-être que les lecteurs découvriront quelques ressemblances avec certaines célébrités...

Combien de temps faut-il pour traduire un album d'Astérix ?
Pour une traduction mot à mot en allemand, j'ai besoin d'une semaine. Mais l'adaptation qui suit pour en retrouver l'humour m'a pris 2 mois pour Le Papyrus de César. J'ai installé un lit provisoire dans mon bureau pour m'y retirer complètement pendant cette période. Quand j'en suis sorti, après 8 semaines, notre jardin était tellement envahi de broussailles qu'il fallait une faux pour le traverser ! A cela, il faut encore ajouter, en amont, un mois pour la préparation et, en aval, un mois également pour la relecture et la finalisation de la traduction avec l'éditeur.

Quelles sont les difficultés propres à la traduction d'un album d'Astérix ?
Astérix est lu par tout le monde, donc par des gens de tous âges et de tous les milieux sociaux. Le texte doit donc comporter des allusions et jeux de mots sophistiqués, qui font sourire des gens cultivés, et en même temps sa lecture doit être fluide et facile de façon à faire rire même un enfant de 8 ans.
Malheureusement, les jeux de mots et les blagues - qui sont nombreux dans Astérix - ne sont que rarement traduisibles. Si on les traduit mot à mot, ils ne sont plus drôles, souvent ils n'ont même plus aucun sens. Dans ce cas, il faut les remplacer par un autre jeu de mot ou une autre blague, ce qui est particulièrement difficile. La trame de l'histoire ne doit pas être interrompue, les gags doivent correspondre aux dessins et surtout les textes doivent encore trouver leur place dans les bulles. C'est un vrai casse tête, parce que les mots allemands sont en général plus longs que les mots équivalents français !

Qu'est-ce que vous préférez dans votre travail de traducteur des albums d'Astérix ?
Le grand défi consiste à présenter un texte qui forme une unité avec les dessins. Quand le lecteur allemand a l'impression de lire le texte originel et rit autant que le lecteur français, je sais que j'ai fait un bon travail !

 

12 septembre 2015Jean-Louis Voisin

Depuis que le titre du nouvel album d’Astérix, Le Papyrus de César, a été révélé, les questions affluent dans la boîte aux lettres du Village : est-il vrai que César écrivait sur du papyrus ? Les Gaulois lisaient-ils des journaux ? Y avaient-ils des bardes auteurs de bandes dessinées ? Pour démêler le vrai du faux sur ces questions épineuses, nous avons décidé de contacter un authentique druide moderne : Jean-Louis Voisin, historien émérite, ancien membre de l’école française de Rome, Maître de conférences honoraire en histoire romaine, spécialiste du monde romain. Une interview qui nous en apprend beaucoup sur nos ancêtres les Gaulois !

Est-il vrai qu'on écrivait sur du papyrus dans la Rome de César ? Avec quels outils ?
Le papyrus, d'où vient notre nom « papier », est fabriqué en Égypte dans la vallée du Nil, en particulier dans le Delta, dès 3000 av. J.-C. Depuis Alexandrie, il est exporté à Rome et en Italie où il se répand dans la seconde moitié du III siècle av. J.-C. Donc César a utilisé du papyrus. Il y en existait de plusieurs qualités suivant la finesse, la blancheur, le poli et les dimensions. Un papyrus se présente sous la forme de rectangle que l'on colle à un autre rectangle pour former une bande que l'on roule en cylindre, un volumen, qui comprend une vingtaine de pages. On y écrit, sur une face en général, colonne par colonne, avec un bout de roseau taillé en biseau, un calame, que l'on trempe dans de l'encre noire. On tient un papyrus à deux mains, l'une déroule, l'autre enroule. Impossible de le feuilleter ; un écrivain dicte son texte à son secrétaire, ou se fait lire un texte. Pour le ranger existent des boîtes cylindriques que l'on classe dans des casiers. On écrit aussi, avec un stylet, sur des tablettes de bois ou de cire (des tabellae) qui sont portatives. César a dû connaître (mais l'a-t-il utilisé ?) aussi la nouveauté qu'est le « parchemin », plus solide, fait à partir d'une peau de mouton, et qui vient de Pergame. Mais à son époque, il est rare et très cher.

L'écriture sur marbre, souvent représentée dans les albums d'Astérix, était-elle également utilisée ?
Sur marbre, rarement, mais c'est un support à une écriture capitale pour certains documents officiels et pour des épitaphes. Sont plus souvent utilisées des tables de bronze et des pierres plus simples à travailler et moins onéreuses, calcaire, travertin. Apprendre à lire et à interpréter ces inscriptions est une science auxiliaire de l'histoire qui se nomme l'épigraphie, ce qui veut dire « écrire sur ». Si l'on en connaît quelques milliers pour l'époque républicaine, les inscriptions se comptent par centaines de mille pour la période impériale qui commence à la mort de César.

Existait-il déjà des livres ? Des journaux ? Une forme de bande dessinée ?
Le livre tel que nous le connaissons, c'est-à-dire, des pages indépendantes reliées entre elles n'existe pas encore. Cependant existent des bibliothèques où sont rassemblées des volumina. Il y a celle célèbre d'Alexandrie que contrairement à une légende, César ne brûla pas. À Rome même existent des bibliothèques privées, des pièces particulières réservées aux livres. César confia à un érudit Varron le projet d'ouvrir les premières bibliothèques publiques avec des ouvrages grecs et latins. Le journal tel que nous le concevons n'existe pas, mais les généraux en mission - et César se plie à cette règle - doivent envoyer au Sénat des rapports de leurs opérations militaires. En outre, César en 59, pendant son consulat, institue deux publications régulières, les Acta Senatus (les procès verbaux des réunions du Sénat) et les Acta diurna populi Romani (les événements quotidiens du peuple romain) qui informent des affaires publiques (discours, procès), des naissances et des décès, des faits divers, des accidents. Bref, des sortes de journaux. Quant à la bande dessinée, elle n'existe pas, mais des graffiti sur les murs, des panneaux publicitaires, des pancartes sont agrémentés parfois de dessins, de gravures et de caricatures, pas toujours très convenables.

Les Gaulois écrivaient-ils également, ou se contentaient-ils d'une transmission « de bouche de druide à oreille de druide » ?
Les Gaulois, disons les Celtes, connaissaient l'usage de l'écriture. Plus exactement, ils ont emprunté à leurs voisins Étrusques en Italie du Nord, Grecs dans le sud de la Gaule - pour ne prendre que ces deux exemples - leurs alphabets pour écrire dans leur langue. Mais ces inscriptions sont rares à l'époque de l'indépendance, un peu plus nombreuses après la conquête des Gaules. C'est une documentation limitée par nature (des signatures, des noms propres) qui n'est pas toujours interprétée avec certitude. Si nous connaissons quelques centaines de mots, nous ignorons presque tout de la grammaire gauloise. Et aucun druide n'a laissé de traces écrites.

 

25 mars 2015Louis Clichy

Réalisateur, avec Alexandre Astier, du film Astérix et le Domaine des dieux, Louis Clichy est un surdoué de l'animation ! Diplômé de l'école des Gobelins, animateur 2 ans durant dans les prestigieux studios Pixar, il revient en France pour relever un immense défi : mener les équipes responsables du tout premier dessin animé Astérix en 3D ! Mission brillamment accomplie, avec les félicitations du Maestro Uderzo !

Louis, quel est le 1er album d'Astérix que vous avez lu ?
Le Fils d'Astérix. C'était l'album qui sortait quand je commençais à lire.

Et votre album préféré ?
Astérix en Corse, et puis bien sur maintenant Le Domaine des Dieux ! Mais plus encore que les albums, ce sont les dessins animés qui m'ont vraiment séduit, en particulier Les 12 Travaux d'Astérix !!!

De quel personnage du Village vous sentez-vous le plus proche ?
Astérix en personne ! Graphiquement, il est très original, et très réussi. C'est un guerrier, mais c'est aussi l'autre penseur du Village. Et puis il est très solitaire, comme un super-héros !

Que feriez-vous si vous aviez de la potion magique ?
Si on accepte qu'elle donne de la force au point de voler, alors j'aimerais voler avec. Beaucoup plus pratique et écologique pour aller bosser !

 

22 janvier 2015Margerin


Quand Lucien rencontre Astérix et Obélix version rock’n’ roll dans les couloirs du métro, le temps d’une planche hommage réalisée par Margerin pour célébrer le 35ème anniversaire d’Astérix.

C’est la fête au Village d’Astérix ! Un invité de marque rejoint les Irréductibles le temps d’une interview.
Margerin, le génial créateur de Lucien, Manu et Je Veux une Harley (sur un scénario de Cuadrado) répond aux questions de nos druides. A l’approche de la nouvelle édition du Festival de BD d’Angoulême, nous sommes particulièrement fiers d’accueillir dans nos colonnes celui qui est pour beaucoup dans la remise à Albert Uderzo du prix du Millénaire en 1999 !

Quel est le 1er album d’Astérix que vous avez lu ?
Mon premier Astérix a été le premier paru, Astérix le Gaulois, j'avais alors 9 ans, je m'en souviens comme si c'était hier !

Quel est votre album préféré ?
Difficile de dire quel est mon album préféré, peut-être Le Tour de Gaule d’Astérix ou Astérix et Cléopâtre... Ce sont les premiers avec Idéfix, aussi !

De quel personnage du Village d’Astérix vous sentez-vous le plus proche ?
Quand j'étais jeune je me sentais proche d'Astérix mais avec le temps qui passe, je me sens plus près d'Agecanonix… En plus sa femme est absolument ravissante !

Que feriez-vous si vous pouviez boire de la potion magique ?
Je ne me battrais pas car je n'aime pas la violence et la potion magique n'arrête pas les balles… Par contre, je pourrais plus facilement porter des objets lourds comme mes cartons de BD qui me tuent le dos quand je les déplace !

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